BLEU VELOURS

10/2020

Une rencontre, un soir très doux. L’été.

Il vient d’un autre pays, mythique, lointain ; elle lui parle dans une langue qui n’est pas la sienne, une langue qui leur est étrangère, à tous les deux. Ils l’occuperont, pour un temps (for a while). Le temps de l’histoire. D’amour, inventée, déjà trop écrite. Et pourtant : juste ici, sur cette page, elle recommence.

Il est parti, un soir d’hiver. Retourné là-bas. La nuit en plein jour, et le ciel sans étoiles ; devant la noirceur et la neige, elle ne s’est pas retournée. Voilà une fin possible. Ou une autre, une scène de gare, d’aéroport, définitivement gâchée par le cinéma, qui aura tenté de la faire passer dans le registre de l’image. Il n’y a rien à voir, rien que l’on puisse montrer, de cette scène-là : ce déchirement. Rien, une texture peut-être, à écrire, effleurer… délicatement… À peine, de mots. Tout avait été dit, avant ; leurs voix tremblaient, légères. Ils se sont retrouvés là, au bout… non… comment dire ? au bord, du dernier regard.

Texte, musique, voix  Bleu Velours

Guitare & prise de son  Rémi Giguère

Prise d'images & montage • Lucas P-R.