CE
QUI S'APPELLE
RIEN
25.04.2020
 16h00 - 21h00

LECTURES PUBLIQUES :

TOUT LE THÉÂTRE DE NATHALIE SARRAUTE

Entamé le 9 mars 2020 dans les locaux de l’École supérieure de théâtre (UQAM), le cycle de lectures publiques qui devait nous permettre d’entendre tout le théâtre de Nathalie Sarraute (1900-1999) a dû être suspendu en raison de la fermeture préventive des universités. Nous ne savions pas, ce jour-là, qu’il faudrait désormais compter en termes de mois, plutôt que de jours, avant de nous retrouver, de lire ensemble, avec vous et pour vous. 

Nous aurions pu attendre septembre et revenir à ce projet, Ce qui s’appelle rien, « comme si » — comme si la vie pouvait reprendre, intacte ; comme s’il n’y avait pas eu ce trou, entre Le silence et Le mensonge ; comme si un événement d’une telle ampleur ne nous invitait pas à repenser nos gestes, nos pratiques : se laver les mains, se lire des histoires. 

Ce que nous appelons aujourd’hui « le théâtre » de Nathalie Sarraute, ce sont six textes écrits pour la radio, entre 1964 et 1981 (Le silence, Le mensonge, Isma ou ce qui s’appelle rien, C’est beau, Elle est là, Pour un oui ou pour un non). Ces pièces radiophoniques, quelques mois ou quelques années après leur première diffusion, ont toutes été reprises par des metteurs en scène, qui en ont proposé des adaptations théâtrales. La plupart de ces textes n’ont jamais été joués au Québec, et nous aimerions vous les faire découvrir.

UN IMMENSE MERCI À L'ASSOCIATION DES ÉTUDIANT.E.S AUX CYCLES SUPÉRIEURS EN ÉTUDES LITTÉRAIRES (AECSEL) POUR SON SOUTIEN FINANCIER EN CETTE PÉRIODE CRISE.

UN GRAND MERCI AUSSI À FIGURACENTRE DE RECHERCHE SUR LE TEXTE ET L'IMMAGINAIRE ET À LA REVUE JEU, POUR AVOIR FAIT LA PROMOTION DE L'ÉVÉNEMENT ET AVOIR ASSURÉ SA DIFFUSION.

Le 25 avril, à partir de 15h45,
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Nous vous invitons à suivre Sarraute, sur la scène de la conversation. Le drame sarrautien est provoqué par des mots, bien souvent, des mots ordinaires — ils frappent, pénètrent, coupent, entament, s’incrustent, enflent, poussent, gonflent, appuient… une consonne absente, une voyelle qui s’étire un peu trop, un silence suspect risquent à tout moment de déclencher le drame (avant tout, une expérience sensible) que le texte cherche à cerner, sans jamais y arriver tout à fait : chez Sarraute, le mot, c’est l’arme du crime. Il n’y aura que peu à voir, mais on assistera à des événements — événements de langage

Dans le « nouveau » monde, où notre expérience du toucher est limitée par l’imposition de mesures de distanciation physique, il semble d’autant plus important de se rappeler que la voix, comme les mains de nos ami.es, autrefois, comporte une dimension tactile : elle fait partie de ce qu’on pourrait appeler le corps affectif, ce corps qui vit, bouge, résonne, par-delà le corps objectif (que l’on peut voir, mais plus toucher). Alors que l’incertitude plane sur nos vies et que nous voudrions, plus que tout, serrer nos proches dans nos bras, n’oublions pas que le corps affectif vibre toujours, lorsque nous parlons. Les textes de Nathalie Sarraute, écrits d’abord pour être entendus, nous invitent à expérimenter et à penser la dimension tactile de la parole, autrement dit, ce qui me touche, derrière ce que j’entends, lorsqu’un autre être me parle.  

EN DIRECT DE CHEZ VOUS

Le samedi 25 avril, entre 16h et 21h, nous vous convions à une expérience de théâtre de confinement. Onze comédiennes et comédiens, lectrices et lecteurs, bénévoles et volontaires, liront pour vous les cinq pièces de Sarraute qui n’ont pas pu être entendues à l’UQAM, en mars dernier : Catherine Côté-Moisescu, Geneviève Gagné, Margo Ganassa, Vanessa Landry, Alexie Legendre, Jod Léveillé, Hasna Lionnet, Marie-Laurence Marleau, Jade Préfontaine, Anne-Sophie Tougas, Simon Trépanier.

L'espace de lecture sera accessible via la plateforme numérique Zoom. Si vous n'avez pas l'application, vous pouvez la télécharger ici : https://zoom.us/download

Le 25 avril, à partir de 15h45, cliquez sur le lien ci-dessous pour rejoindre l'espace de lecturehttps://uqam.zoom.us/j/92838252522

Théâtre de confinement : nous avons voulu mener à terme un projet, dans les conditions qui sont les nôtres actuellement — impossibilité de se rencontrer dans un même lieu, connexions et réseaux instables, risques de problèmes techniques… En plus de partager les textes, il s’agit de donner à voir la solitude, le quotidien qui prend un rythme nouveau, inédit. Nous vous invitons donc à rester connecté.es, pour l’intégralité du cycle (soyez sans crainte, seuls les micros des lectrices et lecteurs seront ouverts) ; écoutez une pièce, appelez une amie, passez l’aspirateur, prenez l’apéro, écoutez une autre pièce, profitez-en, peut-être, pour faire quelques étirements… l’écran comme une fenêtre, sur un morceau de votre vie (et de l’appartement, la maison) que vous serez prêt.e à ouvrir à d’autres, ce jour-là. 

 HORAIRE   

16h00   Le mensonge 

17h00   Isma ou ce qui s’appelle rien 

18h00   Elle est là 

19h00   C'est beau 

20h00   Pour un oui ou pour un non

*La performance sera enregistrée à fin d'archives.

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